Charlotte Valandrey et la mémoire cellulaire

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Charlotte Valandrey est bien sympathique et nous compatissons tous pour les difficultés qu’elle surmonte avec courage, Sida, greffe, etc. Malheureusement, le capital de sympathie de l’actrice se retrouve au service d’une fantasmagorie pseudo-scientifique de plus, la mémoire cellulaire. Cette « théorie » évidemment risible rejoint celle d’une autre mémoire, celle de l’eau, ainsi que d’autres élucubrations comme les énergies libres, l’astrologie etc. au panthéon des pseudo-sciences qui font florès sur internet. Il n’est qu’à voir l’éclosion forcenée de livres, écoles, blogs sur le thème de la mémoire cellulaire pour se convaincre de l’appétit féroce de notre monde pour tout ce qui peut ressembler à une sorte d’échappatoire à la réalité, aussi improbable qu’il soit. Je ne me lancerai pas ici dans une démonstration sur le caractère inique de cette nouvelle « discipline », il suffit pour cela de 5 minutes sur internet pour y trouver, en regard des sites d’illuminés ou, plus grave, de profiteurs, des ressources argumentées expliquant pourquoi on parle ici d’une nouvelle supercherie. En revanche, la question qui me préoccupe est celle-ci : les gens qui croient à ce type de fadaises ne sont pas des imbéciles. Ils sont souvent cultivés, bons lecteurs, passionnés. Il en va de même pour les partisans des théories du complot (11 septembre ou marche sur la lune), qui croient dur comme fer à leurs idées malgré les montagnes de preuves inverses. Peut-être même que vous, lecteur du présent billet, attiré par le titre comme un paparazzi par Justin Bieber, étiez-vous à la recherche d’information sur cette nouvelle frontière médicale ! Alors, qu’est ce qui distingue le sceptique, le tenant de la raison scientifique, et le partisan des chemins de traverses qui s’autorise à imaginer le monde comme peuplé d’énergies invisibles, de vérités cachées ou dirigé par des forces occultes ? Quel parcours fait de certaines personnes des « bons clients » pour les pseudo-sciences en général reconnaissables à leur adhésion (qui n’est pas criticable) au bio, aux médecines douces, à la méditation, et aux stages de développement personnel hindous ? Je ne veux pas faire de généralisation hâtive, seulement essayer de trouver une ligne directrice. Plus jeune, j’avais des amis qui étaient à fond dans tout cela. Au milieu de leurs incantations diverses, ils ont eu leur période macrobiotique. Ils étaient très joyeux de la vie, toujours enthousiastes, et ils ont failli tuer leur gamin avec leur alimentation stupide. Qu’est ce qui peut pousser des gens à peu près normaux au frontières de la folie mystique ? A mon sens, cela se joue à un simple déclic près. D’un côté, le besoin d’explication rationnelle. De l’autre, la confiance dans le ressenti et le besoin d’un ailleurs. Le sceptique se meut à l’aise dans le monde tel qu’il est. Le mystique rêve d’un monde différent et s’accroche à toute manifestation de son possible. Pour le mystique, ou le tenant de pseudo-sciences, le rationnel a une vision étriquée du monde, il « passe à côté de l’essentiel », il se soumet aux thèses officielles, il est une victime potentielle du complot, etc. Pour le rationaliste, celui qui se laisse aller à croire aux théories alternatives est un illuminé, un naif, un faible, une victime potentielle de sectes variées et un individu illogique. Dans la réalité, les deux populations ont surtout un rapport au monde complètement différent. Ils ne conçoivent ni le monde de la même manière, ni leur propre place dans ce monde. Ils n’ont pas les mêmes besoins, souvent pas la même manière de vivre. Je ne dis pas que les rationalistes ont toujours raison, et les « autres » toujours tort. Au milieu du fatras des croyances « alternatives » figurent sans doute quelques pépites que les scientifiques valideront un jour avec contrition. Mais j’avoue être dépassé par l’apparition régulière de nouvelle fantaisies comme cette mémoire des cellules que cinq minutes de raisonnement suffisent à réduire à néant, à condition de le vouloir : avant tout, ceux qui y croient veulent y croire. Parce que la réalité est plus jolie comme ça. Parce que ça ouvre des horizons, fussent-ils imaginaires. J’expliquai récemment à une amie que le sentiment mystique, la propension à la foi avaient sans doute joué un rôle dans l’évolution de l’homme, en tant que facteur génétique de survie. En tant que résidu génétique, la propension à la foi semble avoir plus de force à se maintenir en vue que la queue vestigiale qui termine notre colonne vertébrale. En même temps, voulons nous vraiment un monde peuplé de M. Spock ? Charlotte Valandrey est quand même beaucoup plus sexy.

~ par renaudbb sur 20 septembre 11.

2 Réponses to “Charlotte Valandrey et la mémoire cellulaire”

  1. « Dites, pour vous il est nécessaire de connaître votre jargon, « icône » et « chapelet » pour écrire un article sur quelques dizaines d’ânes bâtés échappés du moyen-âge ?  »

    Ça n’est pas une question de jargon mais de culture basique de ses racines, ce dont visiblement vous n’avez pas. C’est pas parce que vous avez apostasié que vous êtes censée ignorer votre propre langue. Ensuite parler de moyen âge sent à plein nez la caricature niveau Cm2.

    Avoir aucune chasteté et adopter des mœurs décadentes sans doutes comme vous, ça date des romains et avant de Babylone, vous vivez donc bien avant le moyen âge.

    Enfin cet article met à jour l’ignorance religieuse et la bêtise ambiantes, dont vous illustrez très bien les deux notions.

    • Il est amusant que vous veniez sur mon blog pour répondre à mon message (plutôt que de le faire sur place…), et que vous choisissiez précisément un article sur l’obscurantisme comme support de votre réponse🙂 Vous sentez vous proche de Charlotte Valandrey et de son délire mystique ?

      Pour information, le jargon catho n’est pas « la culture basique de mes racines », c’est peut être la vôtre (et je vous la laisse…) mais vous ne savez rien de mes racines. Et vous détournez le sujet : la question était de savoir si, pour critiquer le comportement de quelques poignées d’intégristes en retard d’un siècle ou deux, il fallait connaître ou pas son catéchisme. Pour ma part, je n’ai pas besoin d’avoir lu le Coran pour dire que les amateurs de lapidation sont des abrutis, ni d’avoir lu Mein Kampf pour condamner les nazis, ni encore le Capital pour condamner Staline (et non le marxisme).
      De plus, ne mettez pas votre salmigondis religieux au rang du culture.
      La littérature, la musique, la peinture, l’histoire, sont de la culture. Connaître l’histoire des religions (et pas seulement la sienne), c’est de la culture. Votre liturgie débile est un détail de cette histoire (pour paraphraser quelqu’un que vous aimez sûrement), ne concerne que vous, vos petits camarades d’hostie et votre passé. Si vous voulez continuer à remuer des goupillons et à tripoter des chapelets (à défaut d’autre chose), grand bien vous fasse, mais n’appelez pas ça de la culture, par pitié. Des « traditions » tout au plus, comme la corrida ou la pelote basque. Mais c’est vrai que les espagnols parlent de culture pour leurs mises à mort, j’avais oublié. Vous voilà en bonne compagnie.
      Il faut vous y faire : ce n’est pas parce que vos pratiques, votre vocabulaire et vos mythes ont 2000 ans d’histoire derrière eux que ça leur donne la moindre valeur, la moindre importance, sans même parler de la moindre réalité aux yeux de ceux qui ont la conviction qu’il n’y a aucun Dieu.

      Le seul et unique point positif que je vois à la religion est d’avoir engendré une inspiration artistique hors normes, que l’on constate à travers les cathédrales, messes, requiems, tableaux, statues, etc. Démontrant ainsi que l’inspiration artistique puise souvent sa source dans une forme de dérèglement. Tout le reste n’est que manipulation, obscurantisme, contrôle des peuples, asservissement des faibles, justification de crimes et de guerres, refus de la réalité du monde tel qu’il est.

      Pour finir, je ne pense donc pas que des journalistes aient un quelconque besoin de savoir qu’on ne dit pas « messe » mais « chapelet » dans telle ou telle circonstance pour écrire avec lucidité sur les trépanés qui harcèlent le Rond-Point.
      Par ailleurs je n’ai pas apostasié : gardez ce vocabulaire pour ceux que la religion a concerné un jour.

      A propos, vous me parlez de culture alors que sur votre propre blog vous n’avez même pas la présence d’esprit d’écrire correctement « Charlie Hebdo ». Et vous voudriez que leurs journalistes apprennent vos salamalecs, coutumes et rites ancestraux ?

      Sinon je pense que les lecteurs de mon blog vont beaucoup rire : ni eux, ni moi ne pensions qu’il y avait encore des gens pour dire des choses comme « Avoir aucune chasteté et adopter des mœurs décadentes sans doutes comme vous ».

      Et en tout cas, merci, moi ça m’a fait du bien de dire tout le mal que je pense des religions, de toutes les religions, symboles ultimes de la folie des hommes et de la puissance de l’endoctrinement séculaire.

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